PELLÉAS ET MÉLISANDE

RAVEL ET L’ESPAGNE
GALA SAINT-SAËNS

Pelléas et Mélisande

Opéra en 5 actes de Claude Debussy (1862–1918)
Livret de Maurice Maeterlinck

Direction musicale François-Xavier Roth
Mise en scène et scénographie Daniel Jeanneteau
Collaboratrice artistique et lumières Marie-Christine Soma
Costumes Olga Karpinsky
Assistant mise en scène Antonio Cuenca Ruiz
Assistant musical Benjamin Garzia
Chef de chant Nicolas Chesneau
Chef de chœur Yves Parmentier

Avec

Pelléas Julien Behr
Mélisande Vannina Santoni
Golaud Alexandre Duhamel
Geneviève Marie-Ange Todorovitch
Arkel Jean Teitgen
Le médecin Damien Pass
Yniold NN

Chœur de l’Opéra de Lille
Orchestre Les Siècles

Un seul opéra : il aura suffi de cela à Debussy pour transformer à jamais l’histoire de la musique. « Drame lyrique » célébrissime et inégalé, adapté de la non moins célèbre pièce symboliste de Maeterlinck, il conserve cependant tout son mystère. D’où vient Mélisande ? Où se trouve cette forêt qui convoque mille légendes ? Et que sait-on vraiment de l’amour silencieux des deux héros ? Daniel Jeanneteau – qui avait révélé au public de l’Opéra de Lille Le Nain de Zemlinsky, et Marie-Christine Soma ont fait le choix de nous présenter une Mélisande, pleine de vitalité et de détermination, inscrite dans un univers trouble, loin de la figure éthérée habituelle.

 

Autre révélation attendue en fosse, François-Xavier Roth, qui vient de prendre la direction de l’Atelier Lyrique de Tourcoing. Renommé dans le monde entier avec les musiciens des Siècles, il offrira des couleurs inédites à une partition qu’on croyait, elle aussi, connaître. Si, avec leur projet de « donner chaque œuvre sur les instruments de chaque époque, et de recréer l’univers sonore, esthétique, avec le bon vocable sur chaque période », les Siècles ont obtenu une reconnaissance internationale, c’est notamment pour leurs interprétations de Ravel et de Debussy, qui permettent de mieux en apprécier l’audace, les timbres, les infinis raffinements.

 

Note d’intention:

Je suis très heureux de donner cette nouvelle production de Pelléas et Mélisande à l’Opéra de Lille, en mars 2021.

Cette œuvre que j’aime et qui me fascine tant, occupe une place déterminante dans mon parcours de chef d’orchestre. C’est le premier opéra que j’ai dirigé, en 2002, au théâtre de Caen, invité par Patrick Foll son directeur, qui est aussi un des acteurs de cette coproduction de Pelléas et Mélisande en 2021.

A ce titre, c‘est une joie de retrouver vingt ans plus tard cet ouvrage, avec l’orchestre les Siècles que j’ai fondé, qui a une culture et une appétence debussystes très marquée. Retrouver Pelléas sur instruments d’époque c’est donner à cette musique les couleurs, les articulations et l’atmosphère que Debussy a imaginées quand il a composé cet opéra unique. Ce qui me touche c’est de voir à quel point Debussy est le compositeur de couleurs expressives si particulières : l’infinie mélancolie, la tendresse blessée, heurtée … Il y a une sorte de dégradé d’émotions, comme en peinture, absolument unique chez lui.

Je suis aussi très enthousiaste d’appréhender de nouveau cette œuvre dans un travail musicologique et scientifique passionnant. Lorsque j’ai dirigé Pelléas en 2002, je n’étais pas au fait de toutes les différentes versions que Debussy avait développées à partir de son œuvre. Aujourd’hui mon travail musicologique se fonde sur des ressources très précieuses : sur la nouvelle édition de la partition publiée chez XXI Music Publishing, mais aussi grâce à mon collègue et ami Louis Langrée qui m’a très gentiment confié un certain nombre d’informations sur les matériaux de Royaumont et sur les partis pris artistiques de Pierre Boulez. Ainsi en 2021, je peux opérer des choix dans l’orchestration mais aussi dans la ponctuation des chanteurs, dans la disposition de l’orchestre … En tant qu’interprète de Debussy, il faut alors prendre la décision de suivre le premier geste compositionnel ou les dernières touches du compositeur-correcteur presque excessif, qui avait peut-être du mal à admettre que l’œuvre était terminée.

Je ne suis plus le même musicien que celui qui abordait l’œuvre en 2002. Aujourd’hui j’ai eu a la chance d’être passé par Tristan et Isolde de Richard Wagner, Les Soldats de Bernd Alois Zimmermann, Written on Skin de George Benjamin … soit des œuvres qui ont inspirées Debussy (comme Wagner) ou qui ont été pétries de l’influence de Pelléas.

On sait que Pelléas et Mélisande créé en 1902, à l’Opéra-Comique, salle Favart à Paris, est une sorte d’ovni dans la production lyrique internationale. Debussy lorsqu’il écrit l’œuvre invente une nouvelle manière de faire de l’opéra, de dire la musique. Avec Pelléas, la notion du temps devient complètement élastique, le texte est dit avec une musique qui ne semble pas mélodieuse, l’orchestre épouse les contours de ce texte et joue un rôle très wagnérien tout à fait nouveau dans la musique française et annonce, commente voire complète en musique ce que le texte ne peut pas dire.

Je suis particulièrement ravi de participer à cette création avec Daniel Jeanneteau, grand spécialiste de Maeterlinck et grand homme de théâtre. C’est pour moi un privilège de pouvoir travailler et dialoguer avec lui sur cette œuvre maîtresse du XXème siècle, en collaboration avec cette incroyable et talentueuse génération de chanteurs français dont Vannina Santoni, Julien Behr dans les rôles titres, qui sont des compagnons de route depuis de nombreuses années et que nous avons la chance et le bonheur de voir réunis dans cette production.

Pelleas et Mélisande est un ouvrage qui a été pensé pour un théâtre à taille humaine, et qui de par sa nature même (le nombre de protagonistes, un chœur en coulisse …) est peut-être un opéra idéal à présenter en temps de crise sanitaire. C’est donc un honneur et un privilège de pouvoir donner cette œuvre dans l’écrin de l’opéra de Lille, « La salle Favart du Nord » en mars 2021.

François-Xavier ROTH – janvier 2021.

 

Photo : Opéra de Lille, © JB Cagny

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